Alors que l’année 2025 touche à sa fin, les discussions autour du projet de loi de finances 2026 battent leur plein. Plusieurs pistes fiscales suscitent déjà le débat, notamment autour de six mesures phares susceptibles d’impacter les contribuables, les investisseurs et les entreprises.
Vers une nouvelle taxe sur les gros patrimoines
Le gouvernement envisage une nouvelle taxe sur le patrimoine, présentée comme une évolution — et non un simple retour — de l’ancien ISF (Impôt sur la Fortune). Cette mesure viserait les « gros patrimoines » français, hors actifs professionnels, avec une imposition annuelle minimale de 0,5 % du patrimoine global.
Le seuil de déclenchement n’a pas encore été fixé. À titre de comparaison, sous l’ancien ISF, la taxation s’appliquait dès 1,3 million d’euros de patrimoine. Il est donc probable que le futur seuil se situe dans une fourchette similaire.
Flat Tax (Prélèvement Forfaitaire Unique) : vers une hausse du taux ?
La Flat Tax (ou PFU), actuellement fixée à 30 %, s’applique aux revenus du capital : intérêts, dividendes et plus-values mobilières. Le projet de loi de finances 2026 prévoit une augmentation du taux, potentiellement jusqu’à 33 %, selon plusieurs sources.
Cette hausse concernerait non seulement les contribuables les plus aisés, mais aussi de nombreux épargnants, retraités ou entrepreneurs percevant des revenus du capital (comptes-titres, assurance-vie, dividendes, plus-values après cession d’entreprise). L’objectif affiché : renforcer la contribution des revenus du capital au financement des dépenses publiques.
Assurance-vie : la fin des avantages fiscaux à la transmission ?
L’assurance-vie, placement préféré des Français avec plus de 2 000 milliards d’euros d’encours, est directement concernée par les nouvelles orientations fiscales.
Outre l’impact indirect de la hausse de la Flat Tax, le gouvernement envisage une révision en profondeur des avantages fiscaux liés à la transmission :
● Suppression du régime spécifique actuel, avec un retour dans le barème classique des droits de succession ;
● Réduction des abattements existants ;
●Hausse de la fiscalité applicable aux contrats dépassant certains seuils.
Ces évolutions pourraient modifier en profondeur la stratégie patrimoniale de nombreux épargnants.
Holdings patrimoniales : un encadrement renforcé
La réforme de la taxation du patrimoine pourrait également impacter les holdings “passives”, c’est-à-dire celles dont l’objet principal est la détention de patrimoine financier plutôt que l’activité opérationnelle.
Le régime “mère-fille”, qui évite la double imposition des dividendes, pourrait être partiellement remis en cause.
Ainsi, les actifs non distribués ou non exploités au sein de holdings patrimoniales pourraient devenir imposables au titre de la nouvelle taxe sur le patrimoine.
Trésorerie excédentaire des holdings : bientôt requalifiée ?
Autre mesure liée à la précédente : la trésorerie excédentaire des holdings pourrait être requalifiée en patrimoine privé déguisé.
En d’autres termes, si une société détient une liquidité non utilisée pour son activité, l’administration fiscale pourrait ne plus la considérer comme un actif professionnel, mais comme un actif personnel imposable.
Cette évolution viserait à éviter les stratégies d’optimisation patrimoniale via les sociétés holdings.
CDHR : prolongation de la contribution sur les hauts revenus
La Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR), instaurée par la loi de finances 2025 à titre temporaire, devrait être prolongée pour 2026.
Elle maintient une imposition minimale de 20 % pour les foyers dépassant :
● 250 000 € de revenu fiscal de référence pour une personne seule ;
● 500 000 € de revenu fiscal de référence pour un couple.
Un acompte devra être versé entre le 1er et le 15 décembre, à hauteur de 95 % de l’estimation due. Les seuils, conditions et modalités de calcul resteraient inchangés par rapport à 2025.
En résumé
Le projet de loi de finances 2026 s’annonce comme une réforme fiscale d’envergure, marquée par un durcissement des règles applicables aux revenus du capital, à la détention de patrimoine et aux stratégies de transmission.
Les particuliers fortunés, dirigeants d’entreprise et détenteurs de contrats d’assurance-vie devront suivre de près les arbitrages parlementaires dans les semaines à venir.